Enseignement et Encadrement de Thèses

 

 




Enseignements


Les membres de l'Institut enseignent et dirigent des mémoires dans le cadre du Master de Sciences Cognitives (ENS/EHESS/Paris VI/Polytechnique) qu'ils ont contribué à fonder. Ils enseignent également la philosophie et les sciences sociales dans diverses institutions : à l'EHESS, dans le cadre du Philmaster, et à l'ENS - notamment dans le Département d'Etudes Cognitives.


Projets de Thèse 2006 - Ecole doctorale 3C

Cette année, les projets de thèse proposés par les membres de l'Institut, à l'Ecole doctorale 3 C (Cerveau - Cognition - Comportement) sont les suivants :


Externalisme et expérience phénoménale / Encadrant : Pierre Jacob - Contact

En philosophie des sciences cognitives, les années 1970 ont été marquées par le débat entre l'internalisme et l'externalisme. Selon l'internalisme, ce que pense un individu dépend strictement de la structure de son cerveau et de ses ressources cognitives intrinsèques. Selon l'externalisme, le contenu d'un état psychologique peut aussi dépendre des relations de l'individu à son environnement non social, et même de ce que pensent d'autres membres de sa communauté. Si ce que pense un individu ne dépend pas seulement de la structure de son cerveau et de ses ressources cognitives intrinsèques, alors une investigation neuroscientifique de son cerveau ne fournira pas une explication exhaustive du contenu de ses pensées. À l'époque, la controverse s'est concentrée sur le contenu conceptuel des pensées et des croyances d'un individu, au détriment du contenu non conceptuel et de la qualité phénoménale de l'expérience perceptive. À présent, parce qu'elles soulignent la dimension corporelle de l'expérience perceptive, les nouvelles théories motrices de la perception offrent de nouveaux arguments en faveur d'une individuation externaliste de l'expérience phénoménale. Selon les théories dites “énactives” de la perception, le contenu et la qualité phénoménale d'une expérience sensorielle découle de l'exploration corporelle de l'environnement. Selon l'externalisme dit “du véhicule”, le contenu et la qualité phénoménale d'une expérience sensorielle ne dépend pas seulement de la structure biologique du corps d'un individu, et a fortiori de son cerveau. Elle peut dépendre aussi de l'utilisation de prothèses (par exemple, un télescope). Le but de ce projet doctoral sera d'évaluer les arguments scientifiques et philosophiques en faveur de cette conception externaliste de l'expérience phénoménale.
Pré-requis: formation en philosophie de l'esprit et en philosophie des sciences cognitives et connaissances en neurosciences cognitives de la perception et de l'action.

Métacognition et conscience / Encadrant : Joëlle Proust - Contact

Par “ métacognition” on entend “penser à sa pensée” ou, plus généralement, le contrôle et le suivi cognitif de processus cognitifs de premier ordre, qu’ils soient perceptifs, exécutifs, inférentiels ou émotionnels. Le travail interdisciplinaire récent sur la métacognition présente deux résultats importants pour les approches philosophiques de la conscience. D’abord il remet en question l’idée qu’on doive connaître explicitement ou non ses contenus représentationnels de premier ordre pour en être conscient. Il montre ensuite que la métaconnaissance réflexive peut dépendre en partie au moins d’une expérience de second ordre (le sentiment de savoir).
Le projet consistera à developper les implications philosophiques de la dimension métacognitive de la conscience en utilisant les méthodes de la philosophie cognitive. Prérequis : formation en philosophie analytique; une bonne connaissance de la psychologie expérimentale ou des neurosciences cognitives sera hautement appréciée.


Une créature dénuée de langage peut-elle former des croyances sur le passé ou sur les croyances d’autrui
? / Encadrant : François Recanati - Contact

Une créature dénuée de langage – par exemple un chien – peut-elle former des croyances concernant le passé, ou concernant les croyances d’autres agents ? Il n’est pas difficile d’isoler des comportements qui semblent sous-tendus par de telles croyances ; cependant une analyse rigoureuse révèle que ces comportements peuvent aussi être rationalisés par des états mentaux plus primitifs. La question qui se pose est celle de savoir s’il y a des comportements (non linguistiques) qui ne peuvent être rationalisés que par des croyances sur le passé ou sur les croyances d’autres agents. Cette recherche, menée avec les méthodes de la philosophie analytique, aura un caractère interdisciplinaire marqué.
Disciplines concernées : philosophie de l’esprit, logique, philosophie du langage, métaphysique, sémantique formelle, psychologie comparative, psychologie du développement, psychologie évolutionniste.
Prérequis : un cerveau en bon état de fonctionnement. Connaissances de base souhaitées en philosophie analytique et, idéalement, en sémantique et/ou en psychologie cognitive.


L'interface langage-pensée / Encadrant : François Recanati - Contact

En analysant les phrases, les linguistes postulent des éléments cachés présents selon eux à un niveau profond de représentation syntaxique - la « forme logique ». La forme logique est le niveau de structure syntaxique qui sert de point de départ à l'interprétation sémantique ; c'est à ce niveau caché que sont résolues, notamment, les ambiguïtés de portée, de sorte qu'une phrase ambiguë comme « Tous les garçons aiment une fille » a plusieurs représentations correspondantes en forme logique. Les philosophes de l'esprit postulent quant à eux un « langage de la pensée », c'est-à-dire un système interne de représentation servant au stockage et à la manipulation des informations, et ayant des propriétés structurales analogues à celles d'un langage. La question se pose de savoir quelles sont les relations entre la forme logique et le langage de la pensée. Plusieurs hypothèses sont possibles, parmi lesquelles la plus simple est celle d'une identité entre les deux systèmes de représentation : les formes logiques que postulent les linguistes à l'interface syntaxe/sémantique ne sont autres que des formules du langage de la pensée, de sorte que l'interface syntaxe/sémantique est aussi l'interface langage/pensée. Un troisième courant de recherche à prendre en compte est la pragmatique, qui étudie les relations entre d'un côté le sens (littéral) des phrases énoncées et de l'autre ce que les phrases servent à communiquer ou la pensée qu'elles expriment dans un contexte donné. Il est courant, en pragmatique, de faire appel à l'idée de langage de la pensée, mais le sens communiqué par un énoncé est censé correspondre à un enrichissement contextuel de la forme logique (ou de la structure conceptuelle que celle-ci détermine). Le travail de thèse consistera à défricher ce territoire, en articulant et en évaluant les différentes hypothèses possibles concernant les interfaces syntaxe/sémantique/pragmatique. Ce travail demande des connaissances de base en linguistique et en philosophie de l'esprit.

Sens et contexte : nouvelles perspectives / Encadrant : François Recanati - Contact

Les mécanismes de la dépendance contextuelle font l'objet depuis quelques années de recherches intensives, dans deux directions. D'une part, la dépendance contextuelle a vu son domaine étendu avec, premièrement, la découverte de nouvelles classes d'expressions linguistiques dont la valeur sémantique est contextuellement variable, et deuxièmement la postulation de nouvelles formes de dépendance contextuelle d'origine non lexicale. D'autre part cerains théoriciens, prenant le contrepied de ce mouvement d'extension de la dépendance contextuelle, ont cherché à le freiner en développant de nouveaux critères, plus restrictifs, de la dépendance contextuelle. Ces différentes recherches convergent sur la nécessité d'une classification plus fine des phénomènes de dépendance contextuelle et sur l'élaboration de nouveaux outils pour rendre compte des formes atypiques qui sont apparues à la faveur de ces recherches.
Prérequis : Connaissances en philosophie du langage, en sémantique et en pragmatique.

Recherches expérimentales sur la confiance épistémique, ses mécanismes, son dévelopement / Encadrant : Dan Sperber - Contact

La plus grande partie des connaissances humaines est acquise non par expérience directe mais par le biais du témoignage d'autrui. Les problèmes épistémiques liés à ce rôle de la confiance en autrui ont depuis longtemps été identifiés par les philosophes et sont l’objet d’un regain d’intérêt dans l’épistémologie sociale contemporaine. En revanche, rares sont les recherches empiriques qui ont tenté d’analyser les processus impliqués l’acquisition de connaissance par le biais du témoignage. Quelques recherches récentes, en particulier celle de Paul Harris et de ses collaborateurs à Harvard, ont cependant démontré que les enfants sont très tôt capables d'utiliser les témoignages d’autrui avec discernment. L’enjeu de la recherche doctorale sera, dans une perspective développementale et en s’appuyant sur les compétences rassemblées à l’Institut Nicod en épistémologie sociale, pragmatique, psychologie du raisonnement, et psychologie des métareprésentations, d’explorer les fondements psychologiques de la confiance dans le témoignage d’autrui. Des expériences seront menées avec des enfants et des adultes pour mettre en lumière les mécanismes inférentiels et les critères qui calibrent cette confiance. Prérequis : formation en psychologie expérimentale; compétences pertinentes en philosophie et sciences cognitives et sociales.

Modalités de sélection et informations: site Web de l'Ecole doctorale 3C

 

Thèses en cours à l'Institut

Les membres de l'Institut dirigent également la recherche de plusieurs doctorants accueillis à l'Institut

Mouhamadou el Hady Ba
Maud Barriquand
Nicolas Baumard
Fabian Bernache Maldonado
Reinaldo Bernal Velasquez
Gian Luca Bernengo
Delphine Blitman
Alexandre Brunet
Nicolas Bullot
Jean-Marie Chevalier
Nicolas Claidière
Ophelia Deroy
Marius Dumitru
Santiago Echeverri
Benoit Gaultier
Pierre-Stanislas Grialou
Marie Guillot
Yasmina Jraissati
Markus Kneer
David Landais
Anna Loussouarn
Thomas Marcy
Olivier Mascaro
Hugo Mercier
Olivier Morin
Marie-Christine Nizzi
Frédéric Pascal
Alessandro Pignocchi
Frédéric Roudaut
Yann Schmitt
Jean-Louis Stilgenbauer

Doctorants associés

Camelia Dascalu
Lynda Maurice
Christine van Geen
Oshri Weiss

Visiting students

François Blanquart
Jonas Clausen Mork
Maria Grazia Rossi
Daniela Tagliafico

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