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Soutenance de thèse - Pablo Fernandez Velasco - "A Unified Theory of Spatial Disorientation"

 

Date  : Vendredi 23 avril 2021 à 15h00

Lieu : Par visioconférence. Les peronnes souhaitant assister à la soutenance devront se rapprocher du candidat Pablo Fernandez Velasco

 

Jury :

  • M. Roberto Casati (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Jérôme Dokic, EHESS
  • M. Christopher Peacocke, Columbia University
  • Mme Marcella Schmidt di Friedberg, University of Milano-Bicocca
  • Mme Barbara Tversky, Columbia University

 

Résumé :

Il existe un grand nombre d’études sur la désorientation spatiale, allant de la géographie aux neurosciences, mais il n’existe pas de compréhension unifiée du phénomène. En réponse à cette hétérogénéité, la présente thèse de doctorat propose une théorie unifiée de la désorientation spatiale. La désorientation est, au fond, un phénomène subjectif, et c’est en accordant une attention appropriée à ses aspects subjectifs que nous pourrons atteindre la charactérisation recherché. Une recherche empirique qualitative - telle qu’un corpus de rapports subjectifs recueillis par Qualtrics et un travail de terrain ethnographique avec des chasseurs indigènes Evenki en Sibérie arctique - guide à la fois l’analyse conceptuelle et l’enquête phénoménologique de cette thèse. L’analyse phénoménologique de la désorientation révèle le lien entre notre sens de l’espace et notre sens de possibilité. Au cours de notre orientation quotidienne, il y a une intégration continue des représentations spatiales indexées et non-indexées de notre environnement. Il en résulte que dans notre expérience standard d’un environnement connu, il y a toujours une configuration spatiale hors de vue qui se profile au-delà de l’horizon de notre expérience et qui encadre cet horizon. Lorsque nous sommes désorientés, nous perdons ce sens de la localisation de notre environnement hors de vue par rapport à notre position actuelle. Le plus souvent, lors d’une désorientation, nous nous trouvons dans un espace à la fois appauvri et oppressant. Nous perdons non seulement le sens de la structure de notre environnement, mais aussi celui de nos possibilités dans cet environnement. Il en résulte généralement de la confusion, de l’anxiété et de l’impuissance. L’analyse conceptuelle et phénoménologique de cette monographie contribue à faire avancer sa thèse centrale, à savoir que la meilleure façon de caractériser la désorientation est de la considérer comme un sentiment métacognitif. Ici, la façon de comprendre les sentiments métacognitifs (comme le sentiment de savoir ou le sentiment de familiarité) est de les considérer comme des expériences affectives concernant les propres états, processus ou capacités mentaux du sujet. Dans notre cas, un sous-système cognitif évalue et régule les processus de navigation actifs du sujet, ce qui se traduit par l’expérience de désorientation. La désorientation ne fonctionne pas seulement comme un moyen d’évaluer les représentations spatiales dans la tête d’un individu. La désorientation joue un rôle dans l’évaluation des processus de navigation qui peuvent être distribués au-delà de l’individu, sur des artefacts cognitifs (par exemple, une carte ou un GPS), l’environnement (par exemple, un système de signalisation des sentiers) et même des groupes de personnes (par exemple, un guide ou un compagnon de chasse). Lorsqu’il existe des raisons de ne plus faire confiance au système de navigation en place, la désorientation apparaît pour réguler la situation de manière dynamique. Étant donné que la désorientation se situe à l’intersection de tant d’aspects cruciaux de la cognition humaine, lorsque nous jetons une lumière sur le phénomène, nous obtenons également un aperçu de certains de ces aspects. Nous voyons également comment les sentiments (la désorientation en est un excellent exemple) nous guident afin que nous puissions nous intégrer dans les vastes écosystèmes cognitifs que nous habitons. Nous voyons également comment les processus cognitifs distribués modulent notre expérience de l’espace, et comment cette expérience de l’espace structure à son tour notre expérience du monde et de nous-mêmes. Et bien sûr, nous voyons ce qui se passe lorsque cette structure familière s’effondre.


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