Institut Jean Nicod

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Le Sublime et les Expériences Esthétiques

 

Le séminaire SublimAE (Le sublime et les expériences esthétiques), lié au projet ANR « SublimAE », se concentrera sur l’étude interdisciplinaire des expériences esthétiques, avec une attention particulière au sublime, en réunissant la philosophie, la psychologie et les sciences sociales. Nous explorerons, d’une part, comment l’expérience du sublime se connecte à d’autres expériences similaires ou opposées (le beau, la beauté terrible, le « awe », l’émerveillement, l’inquiétant, …), et, d’autre part, l’impact de ces expériences, et plus spécifiquement des expériences esthétiques, sur notre représentation du soi. Le séminaire comportera des présentations des participants du projet mais aussi des présentations invitées.

Lieu : Salle de réunion de l’Institut Jean Nicod

Contact : Margherita Arcangeli, Jérôme Dokic

Pour le programme complet, cliquez ici

 


         

Prochains SublimAE

 

 

Carole Tallon-Hugon (Sorbonne Université)

“Généalogie de la survenance du concept de sublime au XVIIIème siècle”

31 Janvier, de 15h00 à 17h00

Pourquoi la catégorie de sublime apparaît-elle et occupe-t-elle la place d’un philosophème majeur dans le champ de l’esthétique au XVIIIème siècle ? On soutiendra la thèse selon laquelle l’éclosion de ce concept doit être compris en relation avec le devenir de l’idée de beauté, elle-même affectée par l’aisthétisation qui résulte de l’épistémé de la science moderne. Lorsque les qualités sensibles secondes n’existent plus que pour un sujet humain, le beau n’est plus qu’une propriété relationnelle et perd tout lien avec l’intelligible. Après que le beau s’est installé dans l’immanence, le sublime réintroduit de la verticalité. Instaurant un axe de transcendance à l’intérieur du sensible, il fait signe vers un au-delà du sensible. La survenue du sublime signifie en ce sens la nostalgie d’un absolu auquel l’accès est barré en même temps qu’indiqué.

 

Pablo Fontoura & Jean-Marie Schaeffer (EHESS, CRAL)

28 Fevrier, de 15h00 à 17h00

 

Ondine Bréaud-Holland (ESAP Monaco), TBA

4 Avril, de 15h00 à 17h00

 

Lisa Giombini (Università degli Studi Roma Tre)

11 Avril, de 15h00 à 17h00

 


             

SublimAE passés

 

 

Alice Dupas (Université Grenoble Alpes)

"L’approche neuroscientifique du sublime : Applications et limites pour l’étude des arts visuels"

13 Decembre, de 15h00 à 17h00

Dans son Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Lalande définit l’esthétique comme ce qui « concerne le Beau ». Si le Beau n’est donc pas spécifique à l’art – puisque l’esthétique déborde l’artistique –, il s’est toutefois imposé comme valeur artistique fondamentale au point que l’on en vienne à parler de beaux-arts. Dans la neuroesthétique, qui va particulièrement nous intéresser dans cette présentation, le beau est naturellement devenu la catégorie esthétique la plus étudiée. Mais l’élargissement des valeurs esthétiques dans l’art avant-gardiste, puis dans l’art contemporain (en particulier visuel), invite à interroger la possible naturalisation de ces autres catégories, à l’instar du laid, de la peur, du vertige, ou encore du dégoût. Nous nous demanderons dans ce cadre si le sublime, qui mêle au plaisir de telles émotions dites négatives, peut lui aussi être naturalisé. Mais cette première interrogation sera pour nous l’occasion d’interroger plus largement le projet de la neuroesthétique et d’y voir les limites d’une théorie réductrice qui voudrait expliquer – si on la caricature quelque peu – une catégorie aussi complexe et intégrative que celle de sublime par ses corrélats neuronaux. Si le sublime est, ainsi que le soulignait Burke, une affaire d’intensification du sensible, le projet de l’esthétique incarnée, et plus précisément de la somaesthétique, de faire de l’art une dramatisation incarnée du réel qui excède l’analyse neurobiologique, semble plus enclin à rendre compte de cette sublimité. C’est donc ce projet, pour finir, que nous analyserons

 

Esteban Buch (EHESS, CRAL) & Mario Lorenzo (EHESS, CRAL)

"Le beau vs le sublime : l’apport de l’analyse musicale"

22 Novembre, de 15h00 à 17h00

L’enquête sur le sublime musical conduite au sein de l’ANR SublimAE, présentée en juin dernier dans ce même séminaire, a montré des différences significatives entre l’expérience du sublime et celle du beau. Chaque répondante ayant identifié des morceaux de musique comme objet de ses expériences d’écoute, il s’agira dans cette séance de déterminer si, et dans quelle mesure, ces expériences différenciées correspondent à des musiques elles aussi différentes. La méthodologie suivie pour objectiver ces données musicales s’éloigne des méthodes traditionnelles de la musicologie, et privilégie les analyses algorithmiques provenant de l’acoustique et l’informatique musicale, regroupées aujourd’hui sous l’appellation Music Information Retrieval (MIR), et employées en partie par les plateformes de streaming tel Spotify ou Youtube pour leurs services de recommandation. Au terme de la présentation de ces résultats empiriques, nous proposerons une discussion sur le lien entre objets musicaux, descripteurs verbaux, et catégories esthétiques.

 

Larissa Berger (Forschungsinstitut für Philosophie Hannover)

"What Is It Like to Feel Beauty"

8 Novembre, de 15h00 à 17h00

One of the central and, indeed, most influential claims of Kant’s theory of beauty is that the pleasure in the beautiful is disinterested. However, what this thesis of disinterestedness (TD) means has been highly disputed. Moreover, it has been objected that TD leads to highly problematic consequences, most importantly, that we should not care at all for beautiful objects. In my talk I aim to show that TD has a complex meaning which can be unfolded on several levels. To get a proper theoretical grasp on this thesis one needs to take into account the notions of the free play of the faculties, form and purposiveness without a purpose. But since these notions are only available much later after disinterestedness has been introduced, and moreover, since these notions are only derived from TD, I will argue that we are in need of a more intuitive grasp on TD. This grasp is phenomenological : the pleasure in the beautiful feels disinterested, that is, detached of any desiring.

 

Dustin Stokes (University of Utah), TBA

"Expertise and the contents of experience"

18 Octobre, de 15h00 à 17h00

This lecture begins with the thesis that thinking improves perceiving. Cases of perceptual expertise are cases where perceptual experience is, to some degree, optimized ; and the relevant improvements depend on the domain-sensitive cognitive learning of the expert. This has significant epistemic consequences (see Lecture 2), but it also has important consequences for how we theorize perceptual content. First, determinants of perceptual content are not Objective in a purely mind-independent sense ; they are inter-subjectively objective. They include facts about the environment, but also facts about the perceiver’s epistemic community, which can be very broad or quite narrow. Perceptual success, including accuracy, is determined in part by the task or goal of the perceiver, which can be specific to a domain, be it forensics or football. Second, enhanced perceptual sensitivity of this kind – to patterns, gestalts, and organizational features – is to enjoy rich perceptual content. Importantly, this lesson is partly learned by considering cases of perceiving aesthetic properties : The ballet instructor sees not only the colours, edges, shapes, and motion of her pupils but also how those features are organized in ways that are balanced or serene or graceful.

 

Amélie Jacquot (Université Paris 8) 

"Étudier le sublime en musique : une approche expérimentale"

14 juin, de 13h00 à 15h00

L’étude expérimentale des expériences esthétiques, et plus spécifiquement du sublime, s’accompagne de difficultés méthodologiques quant à l’opérationnalisation des concepts et la création de stimuli capables de déclencher ces expériences en laboratoire. Récemment, un intérêt particulier a été accordé à la réalité virtuelle pour étudier le sublime. Étonnamment, bien que les neurosciences cognitives utilisent régulièrement la musique pour induire de fortes émotions, peu d’études ont eu recours à ce type de stimuli pour investiguer le sublime. Dans ce séminaire, nous essayerons de voir comment nous pouvons espérer évaluer une expérience de sublime auprès de différents participants dans le cadre restrictif d’une étude en laboratoire. Nous présenterons la méthodologie et les premiers résultats expérimentaux obtenus pour une de nos études qui interroge les caractéristiques de l’expérience du sublime en musique.

 

Hyojun Lee & Marco Sperduti (LMCC)

"The beauty and the self"

31 mai, exceptionnellement de 11h00 à 13h00

A long-lasting and unresolved debate in the field of aesthetics is the extent to which beauty is inherent to the object of appreciation or to the subject contemplating it. Several studies suggest that physical features (e.g., symmetry, contrast) of an artwork influence aesthetic judgement. Nevertheless, this objectivist approach fails to explain the idiosyncratic nature of aesthetic experiences (AE). Recent models propose a multi-process account of AE, integrating a subjective evaluation based on self-referential processing. This proposition seems coherent with neuroimaging studies showing activation of a common neural network during AE and self-reference. Nevertheless, behavioural data supporting this hypothesis is scarce. We took advantage of the self-reference effect (SRE) in memory – the mnemonic advantage for material encoded in a self-related mode – to test the hypothesis that aesthetic judgement is based on self-related processes. We predicted that if aesthetic judgement recruits self-referential processing, incidentally encoding artworks in this condition should produce a similar mnemonic advantage as the SRE. To test this hypothesis, 30 participants incidentally encoded 60 painting in three conditions : self-reference, judgement of beauty and judgement of symmetry (control condition). We found that items encoded in the aesthetic judgment condition were as well recognized as those encoded in self-reference condition when participants gave extreme judgements on the beauty scale during encoding. These findings suggest that at least intense AEs activate an individual’s sense of self.

 

Sandra Shapshay (CUNY)

"The Sublime Aesthetics of Monuments"

17 mai, exceptionnellement de 17 h à 19 h

This presentation explores the use of sublime responses in works of public commemorative art, like monuments and memorials. Traditional monuments have long aimed to provoke a “monumental” response that seems a close cousin of the sublime. And several recent, prominent memorials—Peter Eisenman’s Memorial to the Murdered Jews of Europe (2005) in Berlin, Michael Arad’s National 9/11 Memorial (2011) in New York, and the MASS Design Group’s National Memorial for Peace and Justice (2018) to the victims of anti-Black, racial terror lynching in the United States, in Montgomery, Alabama—seem clearly intended to overwhelm the spectator utilizing pronounced, sublime aesthetic codes. Yet it would be inapt to say that their intended aesthetic effect is truly that of the sublime, for the overall valence of the sublime is positive, pleasurable and uplifting, and the overall valence of (appropriate) experience with these memorial works is negative, painful, verging on horror. Utilizing what I’ve called a “two-tiered theory of the sublime,” (Shapshay, BJA 2021) as well as an analysis of a related aesthetic category, “the monumental” (Shapshay, JAAC 2021) I shall offer an analysis of what seems to be transpiring in these cases that seem to verge on but also veer away from provoking a sublime response, and thus hope to shed some light on the uses of the sublime response in art.

 

Jérôme Dokic (EHESS-IJN)

"Self-transcendent experiences and the sublime"

12 avril, de 13h00 à 15h00

Dans la littérature comme dans la science, les descriptions abondent d’expériences « d’auto-transcendance », qui semblent modifier les frontières entre soi-même et le reste du monde. Les sujets de ces expériences rapportent souvent qu’ils se sentent étendus, unis au monde, ou au contraire diminués, comme s’ils étaient minuscules ou insignifiants, voire entièrement coupés du monde. Parfois, ils rapportent la disparition de leur propre distinction d’avec le monde (« ego-dissolution »). L’objectif de la présentation est de rendre compte des expériences auto-transcendantes et d’identifier le niveau de conscience de soi dont elles relèvent. L’hypothèse principale défendue est que les expériences d’auto-transcendance sont des cas particuliers de sentiments métacognitifs de familiarité ou d’étrangeté. Les recherches théoriques et empiriques sur les seconds peuvent alors être exploitées pour jeter la lumière sur les premières.

 

Tom Cochrane (Flinders University)

"Aesthetic values are distal versions of practical values"

22 mars, exceptionnellement de 9h00 à 11h00
 

In this talk I will outline a novel general theory of aesthetic value that is supposed to apply to all the specific aesthetic values such as the beautiful, the sublime, the comic, and the dramatic. This theory balances Kantian considerations about valuing the object for its own sake with more recent theories that aesthetic values have motivational aspects that are continuous with the rest of our lives. I argue that when we value an object aesthetically, we regard it as simply good, rather than good for me or good for us (contra practical value and moral value). Yet this is made possible by psychological mechanisms that humans possess for the distal detection of something of potential practical value. Thus aesthetic values are ‘distal versions’ of practical values and both continuous with, and explicable by reference to our practical drives.

 

Emily Brady (Texas A&M University)

"The Sublime and Wonder"

15 mars, exceptionnellement de 17h00 à 19h00

This paper explores the contemporary relevance of the sublime and wonder to questions and issues within the context of nature, environment, aesthetics, and religion. I begin with a brief, recent history of aesthetic and religious discussions of sublimity, before examining the contemporary sublime in relation to ‘other-regarding attitudes’ toward nature.
I then consider recent cross-disciplinary discussions of varieties of wonder and show how wonder invites receptivity in relation to the more-than-human world. In the concluding section, I offer a comparison of the sublime and wonder in order to show the different ways in which they support sympathetic attitudes with respect to the environment.


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