Institut Jean Nicod

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Le Sublime et les Expériences Esthétiques

           

Le séminaire SublimAE (Le sublime et les expériences esthétiques), lié au projet ANR « SublimAE », se concentrera sur l’étude interdisciplinaire des expériences esthétiques, avec une attention particulière au sublime, en réunissant la philosophie, la psychologie et les sciences sociales. Nous explorerons, d’une part, comment l’expérience du sublime se connecte à d’autres expériences similaires ou opposées (le beau, la beauté terrible, le « awe », l’émerveillement, l’inquiétant, …), et, d’autre part, l’impact de ces expériences, et plus spécifiquement des expériences esthétiques, sur notre représentation du soi. Le séminaire comportera des présentations des participants du projet mais aussi des présentations invitées.

Lieu : Salle de réunion de l’Institut Jean Nicod

Contact : Margherita Arcangeli, Jérôme Dokic

Pour le programme complet, cliquez ici

                


                 

Prochains SublimAE

               

                     

Pierre Saint-Germier (CNRS, STMS)

"Guernica, les martiens, et nous. Qu’est-ce qui ne va pas avec l’empirisme esthétique ?"

23 janvier 2023 de 15h00 à 17h00

Selon l’empirisme esthétique, seules les caractéristiques des œuvres d’art accessibles à la perception sensorielle peuvent être esthétiquement pertinentes. En d’autres termes, il ne peut pas y avoir de différence esthétique entre deux œuvres sans une différence perceptible. Bien que communément accepté dans les premiers temps de l’esthétique analytique, l’empirisme esthétique a été la cible d’objections classiques fondées sur des expériences de pensée montrant que des œuvres d’art perceptiblement indiscernables peuvent différer sur le plan esthétique, à l’instar des Guernicas de Walton. En particulier, cette littérature exploite trois types de différences entre les œuvres d’art perceptiblement indiscernables qui peuvent expliquer les différences esthétiques : catégoriques (relatives aux catégories d’art waltoniennes), provenantielles (relatives aux circonstances historiques de production) ou génératives (par rapport aux moyens de production). Comme dans toute expérience de pensée philosophique, la fiabilité des intuitions suscitées reste une question empirique que nous abordons ici avec les méthodes de la philosophie expérimentale. Nous rapportons une étude menée pour déterminer si les intuitions suscitées par les expériences de pensée anti-empiricistes sont robustes et, en particulier, identifier quel type de propriété alternatif (catégoriel, provenantiel ou génératif) serait (le cas échéant) plus apte à figurer dans la base d’une thèse de survenance esthétique valide. Nos résultats montrent dans l’ensemble que les intuitions des anti-empiricistes sont beaucoup moins robustes qu’on ne pouvait le penser, en particulier lorsque les évaluations esthétiques sont soigneusement distinguées des jugements de valeur artistique. On spéculera également sur la résistance particulière de la beauté, comme propriété esthétique spécifique (par opposition avec la propriété esthétique d’intensité, par exemple) aux expériences de pensées anti-empiristes, du point de vue d’une conception dualiste ou pluraliste des propriétés esthétiques.

According to aesthetic empiricism, only those characteristics of works of art that are accessible to sensory perception can be aesthetically relevant. In other words, there can be no aesthetic difference between two works without a perceptible difference. Although commonly accepted in the early days of analytic aesthetics, aesthetic empiricism has been targeted by classical objections based on thought experiments showing that perceptually indistinguishable works of art can differ aesthetically (e.g., Walton’s three-dimensional Guernicas). In particular, this literature exploits three types of differences between perceptually indistinguishable works of art that can account for aesthetic differences : categorical (relative to Waltonian categories of art), provenancial (relative to historical circumstances of production), or generative (relative to the means of production). As in any philosophical thought experiment, the reliability of the elicited intuitions remains an empirical question that we approach here with the methods of experimental philosophy. We report on a study conducted to determine whether the intuitions elicited by anti-empiricist thought experiments are robust and, in particular, to identify which alternative property types (categorical, provenantial, or generative) are more likely to figure in the basis of a valid aesthetic supervenience thesis (if any). Overall, our results show that anti-empiricist intuitions are much less robust than one might have thought, especially when aesthetic evaluations are carefully distinguished from artistic value judgments. We will also speculate on the particular resistance of beauty, as a specific aesthetic property (for instance as opposed to the aesthetic property of intensity) to anti-empiricist thought experiments, from the point of view of a dualistic or pluralist conception of aesthetic properties.

Claude Imbert (ENS), Bacon designer

"Bacon : sublime ou anti sublime ?"

20 février 2023 de 15h00 à 17h00

La question est ouverte, à lire quelques uns de ses commentateurs : on a parlé d’une horreur sublime. On tentera d’y répondre en rappelant brièvement les catégories esthétiques dont relève le sublime : le sublime grec (pseudo-Longin) et sa redéfinition au XVIIIème siècle (Burke et Kant). Face à quoi, Bacon impose sa singularité par sa manière de mobiliser la sensibilité du spectateur dans les décennies d’après guerre. Y serviront trois types de documents, en relation avec notre propre expérience de spectateur, et pour préciser la zone de sensibilité que Bacon mobilise. Son vocabulaire, insisté et réélaboré au long de ses entretiens. Trois séries de tableaux grossièrement successives : i) les crucifixions des années 30-40 ; ii) les variations sur le tableau de Vélasquez, portrait du Pape Innocent X, au cours des années 50 ; iii) les portraits, des années 60-80. Enfin, sa profession première de designer et un échange de lettres avec Leiris sur le réalisme.

Francesca D’Alessandris (Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia)

Title TBA

6 mars 2023, de 15h00 à 17h00

Norberto Grzywacz (Loyola University Chicago)

"Same Brains Different Aesthetics"

20 mars 2023, de 15h00 à 17h00, exceptionnellement en ligne seulement

Sandra Shapshay (CUNY)

Title TBA

5 juin 2023

Sandra Shapshay (CUNY)

Title TBA

12 juin 2023

Sandra Shapshay (CUNY)

Title TBA

19 juin 2023

            


                    

SublimAE passés

               

              

Anatolii Kozlov (IJN/UCL)

"When words don’t fit : on aesthetic sensibility in science"

 12 decembre 2022 de 15h00 à 17h00

Recent scholarship on aesthetics in science seems to endorse pluralism at least along one of three dimensions : which aesthetic values are relevant for scientific research (e.g. beauty or sublime) ; which scientific practices can be aesthetic (e.g. experiments, theories, thought experiments) ; what is the possible epistemic import of aesthetics to science (e.g. knowledge or understanding). This gives a rather sophisticated space of possibilities for how aesthetics may operate in science. One way to delineate this complexity is to trace the interaction between values and practices in the actual research. In this paper, I use the emblematic case of matrix mechanics and wave mechanics to investigate the relationship between the aesthetic stance of theoretically minded physicists’ and their epistemic strategy towards the problems of quantum physics. I note the effect of aesthetics on two levels. On the individual level, I distinguish the heuristic role of aesthetics in selecting a favourable research strategy and the contribution of aesthetic sensibility to the use of the chosen strategy. On the interpersonal level, I claim that the plurality of aesthetic values allows scientists to single out their distinct points of attack on the research problem, which may or may not be competing or complementary. Overall, I conclude aesthetics to be a meta-epistemic factor grounded in concrete research practices that contributes to science in an essentially pluralist way.

Emmanuel Siety (Université Sorbonne Nouvelle)

“Présences du sublime au cinéma”

5 décembre 2022, de 15h00 à 17h00

Il est frappant de constater combien les notions de « plaisir négatif » et d’« horreur délicieuse », employées respectivement par Kant et Burke pour définir l’expérience esthétique paradoxale du « sublime », rendent compte de l’expérience sensible construite par des films explorant des affects spectatoriels situés dans le registre de la peur, du dégoût, de la terreur. Les réflexions sur le sublime proposées par les deux philosophes diffèrent cependant considérablement l’une de l’autre, et l’on sait aussi que Kant distingue le sublime « dynamique » et le sublime « mathématique ». On tentera d’explorer le spectre des formes filmiques, attendues et moins attendues, susceptibles d’être éclairées par une confrontation avec ces multiples acceptions du « sublime »

Norberto Grzywacz (Loyola University Chicago)

"Same Brains Different Aesthetics"

28 novembre 2022 de 15h00 à 17h00

The brain has a network of neural areas dedicated to aesthetic experiences regardless of sensory modalities. Theoretical modeling of this network has revealed complex emergent properties such as phase transitions and symmetric breaking. These properties lead to the emergence of individuality in aesthetic preferences even if different brains have the same surroundings and initial conditions. We have tested these predictions on individuality with behavioral experiments and measurements from art. Our experimental results suggest that individuality and instability of aesthetic preferences are inescapable consequences of how our brains work. We will discuss some implications of these results for both the evolution and the philosophy of aesthetic values.

Elzė Sigutė Mikalonytė (Vilnius University)

"The Folk Concept of Art"

7 novembre 2022 de 15h00 à 17h00

Many different answers have been proposed to the question of how we should define art. These proposals can be put into two categories : essentialist and cluster accounts of art. From among the considerable variety of essentialist views, three accounts have proven particularly influential : the intentional-historical account, the aesthetic account, and the institutional account. Our empirical study aimed to explore to what extent each of these three factors – (1) the object being created intentionally, (2) having aesthetic value, and (3) being institutionally recognized, are important in the folk concept of art. We tested (Q1) whether any of the three features constitute necessary and/or sufficient properties for something being art, and (Q2) whether the folk concept of art is essentialist or a cluster concept. Our results suggest that none of the three properties are seen as necessary. Beauty and intentionality were both seen as sufficient for an object to be considered art, while institutional recognition was clearly the least important feature of art. The folk concept of art might be a cluster concept : only in the absence of all factors participants were not willing to ascribe art status to the object.

Tomas Koblizek (Department of Analytic Philosophy, Institute of Philosophy, CAS, Prague)

“La pénétration affective : Un facteur clé dans les attitudes de rejet à l’égard de l’art contemporain”

17 octobre 2022, de 15h00 à 17h00

En septembre 2017, une manifestation a eu lieu à New York contre l’œuvre des artistes chinois Sun Yuan and Peng Yu Dogs That Cannot Touch Each Other (2003) qui devait être exposée peu de temps après au Musée Solomon R. Guggenheim. Cette œuvre qui cherche à critiquer les systèmes de contrôle consiste dans une performance au cours de laquelle des chiens sont placés sur des tapis roulants de manière à ne pouvoir entrer en contact. Les critiques qui se sont fait entendre argumentaient que « ces animaux sont des êtres vivants émotionnellement complexes et hautement intelligents, pas des accessoires » et que « personne ne devrait forcer des êtres sensibles à se mettre dans des situations stressantes pour l’art ou le sport. »

Ce type d’affaires a récemment été discuté dans le cadre du « production-oriented criticism », une nouvelle approche dans la critique éthique de l’art, introduite par Ted Nannicelli. Cette approche se focalise sur la question de savoir à quelles conditions une évaluation éthique de la production de l’œuvre (ici l’utilisation des animaux) peut légitimement conditionner son évaluation artistique (les manifestants s’opposent à l’œuvre tout court). Un type de critique similaire s’applique aux œuvres d’art qui transforment insensiblement le paysage ou qui s’approprient les créations culturelles des minorités.

Dans mon exposé, je proposerai de modifier l’un des principes du « production-oriented criticism ». Actuellement, en effet, toutes les affaires de ce genre sont perçues comme des « affaires cognitives » : les contestations sont considérées comme découlant de la connaissance du contexte de production. Je soutiendrai que cette approche laisse de côté le rôle de la perception et des affects dans ces protestations et réduit ainsi leur complexité. Je défendrai plus exactement l’idée selon laquelle ces protestations ne découlent pas seulement de la connaissance du contexte de production des œuvres, mais aussi de la perception façonnée par l’affect qu’inspire cette connaissance et qui s’étend aux actes perceptifs. Je parlerai donc de la « pénétration affective » de la perception et j’en expliquerai les principales modalités.

Esteban Buch (EHESS, CRAL)

“Sur les pouvoirs de la musique”

30 Mai, de 15h00 à 17h00

L’idée que la musique a un pouvoir, ou des pouvoirs, est couramment admise depuis des siècles. L’oratorio de Haendel de 1736, Alexander’s Feast, or the Power of Musick, en est un exemple de choix, où l’on entend le musicien Timothée exercer ce pouvoir sur les émotions et le comportement de l’empereur Alexandre le Grand. Cependant, la portée conceptuelle de cette idée reste instable et mal définie, comme on le voit à l’usage contemporain, notamment en sciences cognitives. A partir de la trajectoire de la notion de pouvoir dans l’histoire de la musique, mais aussi dans la tradition philosophique et sociologique, nous nous interrogerons sur sa pertinence actuelle pour parler de musique, et même d’art en général, notamment face à la question du sublime.

Melanie Wald-Fuhrmann (Max-Planck-Institut für empirische Ästhetik, Frankfurt am Main)

"Musical epiphanies and their experiential qualities : between revelation and awe"

23 Mai, de 15h00 à 17h00 - EN LIGNE (exceptionnellement sur BBB)

Can feelings of sublimity influence our musical taste ? In this talk, I will present qualitative data on musical epiphanies. We asked people to write an autobiographical report about an encounter with unfamiliar music that changed their taste. A particular focus will lie on how people describe their experience in terms of feelings and responses, the metaphors they use and whether this could be conceptualized within the framework of the sublime

Ondine Bréaud-Holland (ESAP Monaco)

"Le sublime au risque du cinéma"

11 Avril, de 15h00 à 17h00

C’est en interrogeant le cinéma de Gus Van Sant que l’on se déplacera à l’intérieur du sublime. Car il y a, dans Gerry et Elephant, autant d’occasions d’approuver ce qu’ont déclaré des philosophes majeurs à propos du Sublime, dans des jeux de renvoi intellectuels puissants, (d’Edmund Burke à Mario Costa en passant par Emmanuel Kant et Jean-François Lyotard) que d’occasions de réfuter leur théorie ; et, si l’on veut bien prendre ces films comme des « signifiants » du sublime, il y a autant de cas où les images et les sons pourraient conforter certains énoncés-phares sur cette catégorie esthétique, que de cas où ils la mettraient à l’épreuve dans un fracas sans précédent.

Lisa Giombini (Università degli Studi Roma Tre)

"La notion de respect dans la conservation de l’art. Entre éthique et esthétique"

4 Avril, de 15h00 à 17h00

International conservation codes of ethics ask practitioners to treat historical objects and old buildings with ‘respect’. What does this mean ? The question has so far received little attention in conservation literature (Paine 2013, Pantazatos 2015). Taking a philosophical stance on the issue, this paper suggests that we cannot grasp how respect delineates ethical obligations for conservation professionals if we do not unearth the sources of these obligations, i.e., what counts as respectful behaviour and to whom respect is owed in the first place. Questioning the widespread understanding of respect as ‘preservation of the object’s integrity’ (Clavir 2002), it proposes to interpret respect as a form of ‘preservation of meaning’ (Goodman 1985, 1991 ; Muñoz Viñas 2005 ; Capdevila-Werning 2013). On this model, respect is directed not to the artifact itself, but to the people that take interest in it, those for whom the object is constitutively valuable.

The argument is structured as follows. I use section 1 to argue that, for respect to have steering force in conservation ethics, its normative sources must be unlocked. In section 2, I discuss some philosophical intricacies of the concept of respect : can we owe moral obligations toward old inanimate things ? In section 3, I examine one first meaning of respect in conservation, namely, preservation of the object’s integrity (either physical, historical, or aesthetic) and show its shortcomings. In section 4, I move on to defend the idea that past objects’ value depends on their being symbols for people, i.e., purveyors of meanings. I conclude by considering some implications of this second notion of respect for conservation.

Laura Ferreri (Université Lumière Lyon 2)

"Le plaisir musical : bases neurobiologiques et implications cognitives"

21 Mars, de 10h à 12h exceptionnellement

Music represents one of the most pleasurable stimuli throughout our lives. Recent research has shown that musical pleasurable responses rely on the activity of the mesolimbic system, with a main role played by dopaminergic transmission. The knowledge gained from basic science research about music and the reward system is now beginning to be applied to questions of memory and mood enhancement that can eventually lead to exciting new avenues for clinical research. Based on behavioural and neuropharmacological studies, this talk aims to explore and discuss the hypothesis that musical reward (and its enhancement) might drive improvements in both affective responses and higher cognitive functions, and more specifically memory

Pablo Fontoura & Jean-Marie Schaeffer (EHESS, CRAL)

28 Fevrier, de 15h00 à 17h00

Voir et regarder une œuvre visuelle mimétique est un processus éminemment complexe, d’ordre perceptif, cognitif et appréciatif (du moins lorsque ce regard s’inscrit dans une attitude d’attention esthétique/artistique). D’un côté, l’exploration visuelle des représentations figuratives bidimensionnelles active des capacités visio-mimétiques universelles. De l’autre, la culture et l’histoire informent toujours notre perception, et tout particulièrement le regard que nous portons sur des œuvres d’art. Cette question de l’interaction entre traitement perceptif et catégorisation culturelle se pose évidemment aussi à propos du sublime. Nous nous intéresserons ici à un aspect très spécifique de la question : le rôle (ou l’absence de rôle) de la taille dans l’effet de sublime. Dans les théories du sublime, celui-ci est souvent lié à des références concernant l’immensité, la grandeur (physique ou métaphorique) des phénomènes qui en sont la manifestation. On remarque aussi que la plupart des œuvres visuelles qui sont qualifiées de “sublimes”, sont de grande taille.Or, la taille d’une peinture contraint notre vision de multiples manières. Cela vaut tout particulièrement pour les œuvres dont la taille dépasse celle du spectateur. Est-ce que la vision en contre-plongée (du bas vers le haut) qu’il doit adopter peut influencer son ressenti et en particulier être responsable pour une partie de l’impression de « sublime » ? Ou encore : le fait qu’un tableau de très grande taille nous oblige à changer de distance pour l’embrasser en entier et pour voir les détails, transforme-t-il la dynamique du parcours du regard, voire notre rapport physique avec ce qui est montré, d’une manière telle que se produise un effet de « sublime » ? Pour introduire à cette question nous nous appuierons ici sur une étude de cas : celle du Retable d’Issenheim (1512-1516), de Matthias Grünewald. Ce polyptyque, de très grande taille, et considéré généralement comme une œuvre « sublime », a fait l’objet d’études oculométriques de la part de Pablo Fontoura. Bien que l’enjeu de ces études n’ait pas été la question du sublime (mais plutôt celle de l’interaction entre la matérialité de l’œuvre et ses niveaux iconique et symbolique), certains des faits observés lors de l’enregistrement des parcours des regards des spectateurs ouvrent peut-être la voie à une étude de la relation entre taille des œuvres et effet de « sublime ».

Carole Talon-Hugon (Sorbonne Université)

“Généalogie de la survenance du concept de sublime au XVIIIème siècle”

31 Janvier, de 15h00 à 17h00

Pourquoi la catégorie de sublime apparaît-elle et occupe-t-elle la place d’un philosophème majeur dans le champ de l’esthétique au XVIIIème siècle ? On soutiendra la thèse selon laquelle l’éclosion de ce concept doit être compris en relation avec le devenir de l’idée de beauté, elle-même affectée par l’aisthétisation qui résulte de l’épistémé de la science moderne. Lorsque les qualités sensibles secondes n’existent plus que pour un sujet humain, le beau n’est plus qu’une propriété relationnelle et perd tout lien avec l’intelligible. Après que le beau s’est installé dans l’immanence, le sublime réintroduit de la verticalité. Instaurant un axe de transcendance à l’intérieur du sensible, il fait signe vers un au-delà du sensible. La survenue du sublime signifie en ce sens la nostalgie d’un absolu auquel l’accès est barré en même temps qu’indiqué.

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