Institut Jean Nicod

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Soutenance de thèse de Thibaut Giraud (EHESS)

 

La soutenance aura lieu le samedi 13 février à 14h en salle Langevin, 29, rue d'Ulm 75005 Paris.

Thibaut Giraud (EHESS)

"Il y a des choses qui n'existent pas.
En défense d'un meinongianisme logiquement cohérent et ontologiquement économe".


Résumé :
    Il y a toutes sortes de choses dont nous pouvons parler ; et, parmi ces choses de toutes sortes, il y a des choses qui n’existent pas (comme le monstre du Loch Ness ou le rond carré). L’essentiel de ma thèse consiste à formuler avec rigueur et précision des théories qui expriment une telle intuition, théories que j’appellerai des meinongianismes, puis à les défendre contre deux types d’objection : d’abord des objections qui remettent en cause leur cohérence logique, ensuite des objections qui accusent leur coût ontologique.
    Je défendrai donc d'une part qu'il y a des théories meinongiennes logiquement cohérente : différentes approches existent et je montrerai ce qu'elles ont en commun (un domaine d'objets meinongiens présentant une structure méréologique caractéristique) ainsi que les avantages et les inconvénients de chacune (je montrerai notamment pourquoi l'approche reposant sur une distinction entre deux modes de prédication est strictement supérieure à celle qui repose sur une distinction entre deux types de prédicat). D'autre part, dans une seconde partie plus originale, je défendrai que ces théories meinongiennes cohérentes peuvent être formulées de façon à ce que leur engagement ontologique soit acceptable. Autrement dit, je montrerai pourquoi les objets meinongiens ne correspondent pas forcément à des entités meinongiennes.
    Ainsi, ce travail s’adresse en fait moins aux philosophes portés à considérer avec bienveillance la jungle des entités meinongiennes qu’à ceux enclin à lui préférer les paysages désertiques. La prise de conscience du fait que les logiques meinongiennes n'engagent pas forcément envers une ontologie meinongienne devrait permettre de renouveler d’une façon beaucoup plus large l’intérêt pour ces logiques : on peut user d'une telle logique sans craindre de s’engager par là envers des entités douteuses (de la même façon que nous n'hésitons pas à recourir à des logiques modales sans considérer par là que nous nous engageons forcément envers une ontologie de possibilia à la Lewis).En conclusion, si la preuve est faite que les théories meinongiennes peuvent être logiquement cohérentes et ontologiquement économes, une telle approche étant de surcroît féconde du point de vue philosophique (de nombreuses applications en témoignent), alors il semble bien que la charge de la preuve ne soit plus du côté des défenseurs de ces théories mais revienne à ses adversaires.


Jury :

Pr. Bruno Leclercq - Rapporteur - Université de Liège, Belgique.
Pr. Alberto Voltolini - Rapporteur - Université de Turin, Italie.
Pr. Jean-Maurice Monnoyer - Université d'Aix-Marseille, France.
Pr. Pierre Joray - Université de Rennes 1, France.
D.E Frédéric Nef - Directeur de thèse - Institut Jean Nicod, EHESS, France.

 

 

 


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