Institut Jean Nicod

Accueil du site > Membres > Etudiants > Doctorants > ARISTODEMO SANTORO Valentina > Presentation



Presentation

Contact

Site web

Soutenance de Thèse

(Ecole doctorale de l’EHESS)

ARISTODEMO Vita Maria Valentina

« Gradable Constructions in italian Sign Language ».

 

Jury


•    M. Philippe Schlenker (Directeur de thèse), CNRS
•    M. Carlo Geraci (Co-directeur), CNRS
•    Mme Heather Burnett, CNRS
•    M. Roberto Casati, EHESS
•    Mme Caterina Donati, Université Paris Diderot Paris 7
•    M. Jeremy Kuhn, CNRS
•    Mme Carol Padden, University of California, San Diego

Date

Vendredi 1er décembre 2017 à 14 h 00


Lieu : ENS (salle E 244), 24 rue Lhomond 75005 Paris



Résumé

Cette thèse étudie la sémantique des constructions gradables du point de vue de la langue des signes, en se basant sur les données de la Langue des Signes Italienne (LIS).
Des travaux récents sur les langues des signes ont montré l’importance de les inclure dans le domaine empirique des recherches sémantiques. En effet, la modalité  visuelle et l’iconicité  permettent parfois de réaliser de façon explicite des éléments abstraits du système logique du langage qui restent implicites dans les langues parlées. Ainsi, la contribution unique des langues des signes dans les débats sémantiques ouvre de nouvelles perspectives pour mieux comprendre le fonctionnement du système logique des langues et, par conséquent, pour développer des théories qui offrent de meilleures analyses de phénomènes linguistiques spécifiques. La gradabilité  est un des sujets qui n’a pas encore été exploré en détail dans les langues signées, en particulier d’un point de vue formel. Ces raisons nous ont motivée  à commencer à étudier ce phénomène dans la Langue des Signes Italienne.
Le but du chapitre 2 est d’étudier les adjectifs gradables en LIS afin d’éclairer le débat opposant les analyses base ́es sur les degrés et les analyses ne s’appuyant pas sur les degrés. Dans ce chapitre, nous montrons que la LIS fournit des arguments en faveur de l’existence de degrés. Plus précisément, nous analysons des contraintes morphologiques et phonologiques portant sur des adjectifs gradables qui peuvent explicitement représenter les degrés par des points (ou ‘loci’) sur une échelle grâce à un morphisme iconique. Lorsque cela se produit, la représentation du degré devient disponible comme antécédent pour des pronoms de degrés.
Dans le chapitre 3, nous continuons à nous concentrer sur les constructions gradables en LIS. Plus précisément, nous montrons que les phrases comparatives de la LIS rentrent dans la typologie des constructions comparatives des langues parlées. En nous focalisant sur les propriétés iconiques de ces constructions, nous montrons d’abord que les degrés et les échelles peuvent également être explicitement représentes dans les constructions qui contiennent des adjectifs ne respectant pas les contraintes morphologiques et phonologiques identifiées dans le chapitre 2. Pour expliquer cela, nous proposons l’existence d’une condition d’économie qui interdit d’introduire une échelle iconique s’il y a la possibilité  d’exprimer le même sens sans elle. D’autre part, nous montrons que la présence d’une nette décélération dans l’articulation du mouvement des marqueurs comparatifs influence l’interprétation sémantique des constructions comparatives de la LIS parce qu’elle marque un locus spécifique de l’espace qui est interprété comme un pronom déictique.
Dans le chapitre 4, nous étudions la syntaxe et la sémantique des constructions temporelles. Syntaxiquement, nous montrons que les phrases temporelles sont des phrases subordonnées. Plus précisément, nous soutenons qu’elles sont des phrases relatives. D’un point de vue sémantique, nous montrons que les marqueurs temporels sont des marqueurs comparatifs. Comme les échelles de degrés, l’échelle temporelle peut être explicitement représentée comme une ligne dans l’espace sur laquelle les instants sont représentés comme des points ordonnés. Les marqueurs temporels BEFORE et AFTER représentent explicitement les instants auxquels les événements exprimés dans la proposition principale et dans la subordonnée se sont passés. Ils expriment également la temporelle  entre les différents moments des e événements.
Enfin, dans le chapitre 5, nous comparons un geste co-verbal de l’italien ayant le sens de ‘complètement’ avec des éléments iconiques de la LIS qui jouent un rôle similaire. Plusieurs chercheurs ont soutenu que les composants iconiques des signes sont en fait des éléments gestuels. L’étude décrite dans le chapitre 5 s’inscrit dans cette discussion. Nous montrons que la contribution se ́mantique de la composante iconique des adjectifs absolus de la LIS peut être analysée de la même manière que les gestes co-verbaux car ils partagent trois propriétés clés: ils ne sont pas assertifs, ils déclenchent une présupposition conditionnelle et ils peuvent être ignorés dans les constructions elliptiques. Cependant, alors que les gestes co-verbaux sont facultatifs, la composante iconique des adjectifs absolus de la LIS ne peut pas être omise car elle fait partie intégrante du signe. Cette étude illustre la possibilité  d’intégrer des composants gestuels dans les langues des signes.



Remarque :

un résumé de thèse est disponible sur le site de l’EHESS (https://www.ehess.fr/fr/liste/soutenances)

 


EHESSCNRSENS