Institut Jean Nicod

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BRACKIN Maria

Barrières cognitives à l’inclusion financière

 

Établissement d’inscription au doctorat

Université Mohammed VI Polytechnique

Directeurs

Hugo Mercier et Cathal O’Madagain

Équipe

INTELLIGENCE COLLECTIVE

 

CONTACT

 

Mon projet de thèse explore l’effet de la cognition prosociale sur l’inclusion financière, en particulier l’accès au crédit. Mon hypothèse centrale est qu’en plus des coûts économiques, la dette a des conséquences réputationnelles qui provoquent l’aversion et l’exclusion financière. Cette idée est soutenue par la stigmatisation et l’exécution sociale de la dette, les émotions négatives telles que la culpabilité et la colère, et le pouvoir des commérages et de la surveillance sociale. En particulier dans les économies émergentes, les produits de crédit sont intentionnellement structurés avec des éléments sociaux, tels que la responsabilité solidaire et les garants familiaux. La dynamique de l’accès au crédit peut s’expliquer de manière fructueuse, non seulement par des barrières structurelles, mais aussi par des caractéristiques de la cognition sociale humaine. Par exemple, nous sommes programmés pour être sensibles aux coûts et bénéfices de nos échanges, et donc certains types de dettes peuvent susciter des émotions négatives. Nous sommes également soucieux de notre réputation et faisons de grands efforts pour maintenir notre image publique en tant que partenaire coopératif digne de confiance ; la dette qui est partagée avec d’autres augmente les enjeux de réputation. Par conséquent, la dette peut être évitée lorsqu’elle est (a) plus coûteuse pour les autres, (b) publique et (c) comprend une responsabilité conjointe ou familiale.

Pour tester ces idées, j’ai conçu deux grands projets de recherche. Le premier projet explorera les fondements cognitifs des attitudes envers l’endettement avec des expériences en ligne et en laboratoire. Le deuxième projet utilisera des études de terrain pour s’engager dans des applications politiques en économie du développement, en particulier le microcrédit. Le Maroc est un cas test idéal car il a de faibles taux d’inclusion financière et une faible utilisation du microcrédit. Le but ultime de ces projets est de mieux comprendre pourquoi les gens recherchent certains types de dettes et en évitent d’autres, et d’aider à améliorer l’inclusion financière parmi les pauvres du monde.


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