Institut Jean Nicod

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La théorie causale de la mémoire semble être la seule théorie de la mémoire plus ou moins développée d’un point de vue philosophique. Elle suppose une relation causale entre l’expérience passée et le souvenir de cette expérience via la trace mnésique, ce qui implique une correspondance univoque et une similarité de contenu ou structure entre ces trois éléments.
Cependant, elle présente quelques problèmes conceptuels de grande importance, tous liés à une simplification excessive de ses objets d’analyse :
- Considération exclusive de la fonction représentative de la mémoire et de l’acte du souvenir ;
- Conception discrète et statique de la mémoire ;
- Natures peu définies de la trace mnésique et de la relation de causalité, notions centrales de la théorie causale ;
- Impossibilité d’expliquer avec précision la notion d’isomorphisme ou similarité de contenu ; 
- Conception d’un sujet passif qui enregistre et récupère des souvenirs ;
- Négligence du rôle joué par le contexte dans la mémoire. 
Par ailleurs, des modèles d’architecture cognitive différents du computo-symbolique (modèle sur lequel la théorie causale semble reposer), tels que le connexionnisme distribué et l’approche continuiste de l’esprit, présentent une conception du cerveau/esprit plus holistique et dynamique, ce qui non seulement met en question les postulats traditionnels de la théorie causale mais aussi offre des possibilités très intéressantes pour esquisser une théorie philosophique de la mémoire différente du schéma proposé par la théorie causale. En outre, des recherches empiriques actuelles démystifient aussi cette conception simpliste de la mémoire, en montrant, par exemple, que le contexte de récupération a une importance fondamentale sur le contenu du souvenir, que chaque processus de récupération constitue aussi un nouvel évènement d’encodage, que la catégorisation, la reconnaissance et l’identification semblent reposer sur les mêmes « souvenirs » ; bref, que lesdites mémoire sémantique et mémoire épisodique ne sont pas deux « systèmes » tellement indépendants, non plus que la mémoire et d’autres fonctions cognitives, telles que la perception. 

L’objectif de ce projet de thèse consiste donc à explorer les conséquences théoriques de ces recherches afin d’introduire une alternative à la théorie causale traditionnelle qui explique avec plus de justice et plus de justesse la richesse que la mémoire présente dans ses manifestations quotidiennes.

J’ai étudié Professorat en Philosophie à l’Universidad Nacional de La Plata, Argentine, pays dont je suis originaire. La bourse Master Île-de-France m’a permis d’étudier en France, où j’ai réalisé un Master en Philosophie, mention Sciences Cognitives, à l’EHESS. Maintenant j’ai commencé un doctorat en co-tutelle entre l’EHESS et Macquarie University (Australie), sous la direction de Jérôme Dokic et John Sutton. 


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