Institut Jean Nicod

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Présentation

 

email: tmarcy@worldonline.fr 

Adresse: 51 rue aux Juifs, 76000 ROUEN.

Sujet de thèse (pour résumé, voir plus bas): 
« Les tentatives contemporaines de sémantiques naturalistes et l’héritage peircien » (dir. : Claudine Tiercelin), soutenue le 29-11-2008 à Paris-12. (NB : Paris-12 ne délivre plus aucune mention aux thèses).


Diplômes / Concours

Doctorat de Philosophie (Histoire de la philosophie – Epistémologie) – Université Paris-12
Master 2 de Philosophie (2001)
Agrégation de Philosophie (1999)
Maîtrise de Philosophie (1997)
Diplôme de l’I.E.P. (“Sciences Po”) Paris, section “Service public” (1995) 


Parcours détaillé :

1-09-2009 - : Professeur (TZR) de philosophie dans l'Académie de Rouen
2008-2009 : A.T.E.R. à l’université de Rouen.
-Philosophie de langue anglaise (traduction et commentaire) (L1 et L2)
-Philosophie politique et juridique (L1)
-Méthodologie de l’écrit et de l’oral (L1 et L2)

2007-2008 : Professeur en lycée (Yvetot) et vacataire à l’université de Rouen.
- Philosophie de langue anglaise (traduction et commentaire) (L1 et L2)
- Introduction à la Philosophie de l’Esprit (L3)

2006-2007 : en disponibilité (rédaction de thèse).

2005-2006 : Congé Formation pour thèse de Philosophie.

Septembre 2005 : Participation à l’école d’été CNRS-IJN-ENS (consacrée à la philosophie de l’esprit et à l’épistémologie, en lien notamment avec les sciences cognitives).

Mars 2003 - septembre 2005 : Chef de Cabinet du Recteur de l’Académie de Rouen.

Sept. 2001 – mars 2003 : Professeur de philosophie dans l’académie de Lille.

Sept. 2000 – Juillet 2001 : Service Militaire (scientifique du contingent enseignant au Lycée militaire d’Aix-en-Provence : cours avec Tales et soutien à cl. préparatoires St Cyr - Coëtquidan). 

1999-2000 : Enseignant stagiaire dans l’Académie de Paris. 
Master 2 (DEA) de Philosophie (Paris 12) sous la dir. de C. Tiercelin. 
« Iconicité et inférence chez C.S. Peirce » (Mention T.B.)

Juillet 1999 : Agrégation de Philosophie.

1996-1997 : Maîtrise de Philosophie (Paris I) sous la dir. de Jacques Colette.
« Le problème de l’intuition chez Kant et Husserl » (Mention T.B.) 

1995-1996 : Licence de Philosophie (Paris I)

1992 - 1995 : Etudes à l’I.E.P. de Paris (section Service public ; félicit. du jury en 1re année ; assistant de conférence d’Institutions politiques en 2e année).



Publications :

- « Penser, est-ce modéliser ? Quelques enjeux philosophiques de la notion de “modèle mental” de P. Johnson-Laird», Idées n°7, février 2001 (revue parisienne à faible diffusion).


- En préparation (à partir de la thèse) : 
* Un article consacré à l’Approche peircienne de la normativité logique ou comment dépasser le problème du psychologisme (mise en perspective notamment avec les positions de Husserl et Frege).
* Un ouvrage consacré à la présentation du débat actuel entre les deux grandes théories de naturalisation de la sémantique : la Sémantique Informationnelle (à travers Jerry Fodor et Fred Dretske) et la Téléosémantique (de Ruth G. Millikan). Cf. 2ème partie de la thèse.



Résumé de la thèse:

Cette thèse aborde un sujet très débattu dans la philosophie de l’esprit et les sciences cognitives contemporaines : la naturalisation de l’intentionnalité en vue d’une théorie générale de la signification exprimable dans les prédicats des sciences naturelles. 
La première partie expose comment, à partir des années 1960 a évolué le programme collectif de naturalisation, depuis le fonctionnalisme jusqu’à ce qu’on peut appeler le « tournant naturaliste » du début des années 1970 dû à l’essor des sciences cognitives et à une forte remise en cause du fonctionnalisme, notamment en ce qui concerne la prise en compte de l’indexicalité des significations (cf. Kripke 1971, Putnam 1975). 
La deuxième partie expose les deux types de stratégies qui s’esquissent alors au début des années 1980 : d’une part la voie de la « sémantique informationnelle » (SI) (initiée par Fred Dretske et poursuivie aussi par Jerry Fodor, ce dernier défendant un symbolisme cérébral) où il s’agit de fonder l’intentionnalité sur des rapports nomologiques informatifs. D’autre part la voie de la « téléosémantique » (TS) (initiée par Ruth G. Millikan, suivie notamment par David Papineau) qui consiste à expliquer le développement de l’intentionnalité jusqu’à la cognition conceptuelle à partir de contraintes évolutionnistes. 
La troisième partie opère un « tournant sémiotique » en examinant la théorie logique et métaphysique des signes chez Charles S. Peirce (1845-1914), dont Millikan déclare s’être initialement inspirée. Il s’agit de montrer que la conception peircienne de l’intentionnalité, qui conçoit celle-ci comme un processus inférentiel réalisé dans des signes fonctionnant de manière iconique, est effectivement la voie permettant de fonder une nouvelle conception de la représentation symbolique qui évite d’avoir à assumer les présupposés métaphysiques du cognitivisme computationnel propres à la SI ; cela en développant une notion de signe naturel qui rend compte des faits découverts par les sciences cognitives sans tomber pour autant dans le psychologisme. 
La quatrième partie constitue alors l’ébauche de ce que pourrait être une philosophie de l’esprit élaborée à partir du concept écologique de signe cognitif, celui-ci comportant une dimension logique (une relation triadique, au sens où l’entend la logique des relatifs de Peirce) et une dimension proprement comportementale (également triadique, mais dépourvue d’auto-contrôle : ce pour quoi on crée le concept d’Image comportementale). Un examen sur la question de l’indexicalité montre que la bonne appréhension du problème consiste en effet à bien penser l’articulation entre les fonctions indexicales et iconiques du signe, qui ne prend la forme d’un rapport contrôlé d’intentionnalité seconde que dans le cadre d’un système symbolique régi par des conventions syntaxiques. 

Je propose ainsi de concevoir de manière naturaliste l’esprit. Dans le matérialisme que je défends, il ne s’agit toutefois pas de réduire la philosophie à la physiologie : cette dernière étudie les mécanismes du vivant, tandis que la philosophie a pour objet d’étude les normes intellectuelles, i.e. ce que je considère comme des FAITS normatifs régissant (voire créant) les concepts et leurs relations. 

Cela, donc, dans le cadre d'une théorie générale (inspirée des catégories de la sémiotique peircienne) du "signe naturel cognitif" (qui est la structure fonctionnelle à la fois dynamique et cognitive liant l'organisme agent à son environnement). Le signe n’est pas une chose (comme peut l’être un signal sonore, une empreinte, un signal ou une trace dans le cerveau, un mot…) : c’est une interaction écologique qui tend à perdurer et à orienter les rapports causaux dans le monde (leur donnant ainsi un “sens” que l’on peut chercher à expliquer rigoureusement. Cette ECOLOGIE COGNITIVE ne prend évidemment pas en compte le seul environnement de la ‘nature’ mais aussi l’environnement technique et symbolique. 

L'Image comportementale (qui n’a rien d’une représentation au sens pictorial du terme) est la dimension fonctionnelle affective-dynamique du signe complet. Elle est la forme (le "Format") sous laquelle se reproduit le comportement régulier et systémique de l’organisme-cérébré-en son milieu (ledit comportement est largement déterminé par des systèmes matériels légués par l’évolution naturelle et culturelle de l’espèce en question). Sur ce Format d'action (qui fournit des régularités) peuvent s'appuyer des types d'actions mieux contrôlées, plus systématiques, qui relèvent du fonctionnement spécifiquement symbolique, logique (s’insère ici une théorie de l’émergence du contexte de co-agentivité). On parlera alors proprement de signe cognitif.

Un même signe cognitif complet, authentique (qu’on peut appeler une “conduite” ), a ainsi plusieurs “couches fonctionnelles” agissant simultanément, chacune dans leur ordre de causalité : physiologique pour la fonction imageante, logique pour la fonction symbolique . Lorsque l'on parle ordinairement de 'symbole', c'est du type composé, fonctionnellement complexe, de signe mental dont on parle en fait le plus souvent.


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