Institut Jean Nicod

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Présentation

 

email: marie.nizzi@free.fr 

URL: marie.nizzi.free.fr

Docteur de l'Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne (2011).
Elève de l'ENS de Lyon (2006).

Master de Psychologie cognitive et neurosciences,
Master de Philosophie.

Thèse sous la direction de Max Kistler, "Le propre et l'étranger : le concept d'identité vécue en première personne".

Ma thèse part de ce constat que les notions traditionnellement mobilisées par les philosophies de l’esprit sont souvent restées tributaires d'un contexte de référence scientifique et médical aujourd’hui dépassé. Pourtant, quoique la question de l’homme ne soit plus directement centrée autour de celle de l’âme et que l’on se soit fait une idée plus expérimentale des esprits animaux cartésiens, il n’en demeure pas moins que des notions telles que l’esprit, la conscience ou l’identité personnelle sont encore au cœur de débats bien actuels.

L'idée de l'interdisciplinarité neurosciences-philosophie est donc venue répondre à une double nécessité : celle pour la philosophie d’élaborer sa conception de l’homme en étroite relation avec le contexte scientifique contemporain et celle, pour des disciplines plus jeunes telles que la neuropsychologie, de pouvoir situer leurs problématiques actuelles dans l’histoire des concepts auxquels elles font appel. Nous croyons que cette approche pluridisciplinaire permettra tout à la fois d’enrichir (en lui donnant une épaisseur historique) et de simplifier (en pointant les analogies) des problématiques aussi transversales que le Mind-Body Problem par exemple. 

Le projet de recherche s'est mis en place dès le Master 1, que j'ai consacré à l'analyse de la thèse éliminativiste des Chruchland afin d’examiner d’emblée l’hypothèse d’une réduction de la notion d’esprit à celle de cerveau ; pour se prolonger ensuite par un Master 2 sur Descartes et les neurosciences où j’ai tenté de clarifier la nature exacte de cette filiation et les enjeux de ce lourd héritage conceptuel dans la recherche contemporaine. 

La thèse en elle-même prolonge ces deux premiers mémoires en ciblant cette fois plus précisément le concept d'identité personnelle, puisque les cinq années de ce projet de recherche travaillent toutes cette question centrale : que suis-je ? Ou plus exactement : que peut-on dire, s’il existe, de ce Moi auquel je me réfère sans cesse, compte tenu des connaissances scientifiques les plus récentes ?

La singularité de notre approche sera double : tout d’abord en ce que nous adopterons un point de vue résolument subjectif en étudiant l’identité vécue en première personne et non, comme c’est traditionnellement le cas, l’identité vue en troisième personne ; et ensuite parce que nous adopterons sur ce sujet pourtant historiquement ancré sur le terrain de la métaphysique un regard naturaliste. Aussi l’objectif n’est-il pas de produire une interprétation supplémentaire du Moi chez les philosophes de la tradition mais bien de nourrir une réflexion contemporaine sur le concept d’identité, au cœur des problématiques de notre temps grâce à un travail des concepts philosophiques. 

 

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