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"Monkey semantics : two ‘dialects’ of Campbell’s monkey alarm calls"

"Monkey semantics: two ‘dialects’ of Campbell’s monkey alarm calls"

Philippe Schlenker • Emmanuel Chemla • Kate Arnold • Alban Lemasson • Karim Ouattara • Sumir Keenan • Claudia Stephan • Robin Ryder •
Klaus Zuberbühler

Journal Linguistics & Philosophy. Springer 2014.
DOI 10.1007/s10988-014-9155-7

En se fondant sur les méthodes générales de la linguistique formelle contemporaine, cet article offre une analyse détaillée de la signification des cris d'alarme des singes de Campbell de deux sites, la forêt Taï (Côte d'Ivoire) et l'île de Tiwai (Sierra Leone). Sur la base de données discutées par Ouattara et al. 2009, ainsi que de données nouvelles, les auteurs de l'article, qui forment une équipe trans-disciplinaire, parviennent à deux conclusions principales.
La première est que les cris des singes peuvent avoir une structure et une signification plus sophistiquées qu'il n'est habituellement supposé. En particulier, ces cris présentent une distinction entre racines et suffixes (*), et la combinaison de ceux-ci permet aux singes de Campbell de décrire tant la nature d'une menace que son degré de dangerosité.
La seconde conclusion est que, selon l'environnement, des groupes distincts de singes de Campbell d'une même espèce peuvent présenter certaines différences dialectales dans l'utilisation d'un même cri – un peu comme il arrive dans les langues humaines qui utilisent un même mot (par exemple 'dépanneur') avec des sens différents, selon par exemple que l'on est en France ou au Québec. Dans le cas des singes de Campbell, la variation dialectale semble être au moins en partie due à l'environnement (sur l'un des sites, les singes ont pour prédateurs des léopards et des aigles, alors que les léopards sont absents de l'autre site).

Sur le plus long terme, cet article pourrait contribuer au développement d'une 'linguistique primate' appliquant des méthodes sophistiquées de la linguistique formelle contemporaine à des systèmes de communication animale.

(*) Note: Ouattara et al. 2009 avaient suggéré que les singes de Campbell ont un suffixe, peut-être avec un sens régulier, mais l'analyse restait informelle. (Les auteurs de Ouattara et al. 2009 sont également co-auteurs du présent article.)


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